08 novembre 2009

Le 25 novembre approche... et encore des réponses

- En ce qui concerne le one-man-show, j’ai déjà répondu à plusieurs reprises donc cf. réponses précédentes.

- Collaboration avec Claude Perron : il n’y avait pas de rôle pour elle dans ce film, mais ce n’est que partie remise…

- Le prochain film de Blier ? Je ne connais que le casting principal, en l’occurrence Jean Dujardin et ma pomme. Je n’en sais rien d’autre, mis à part que le scénario est le meilleur de Blier depuis longtemps, mélange de drôlerie et de tendresse sur fond dramatique comme il sait si bien le faire.

- Réaliser un film d’action / suspens ? En tant qu’acteur, j’ai déjà fait (cf. Le Convoyeur), pourquoi pas le refaire. En tant que réalisateur, non, je préfère essayer de vous faire ricaner.

- Quels sont les comiques qui me font rire ? On ne peut que regretter le temps des Coluche et Desproges qui en plus d’être drôles étaient franchement insolents. Aujourd’hui, ils me paraissent tous un peu fades. Mais en fait je connais mal leur travail et je me demande si je ne regrette pas tout simplement ma jeunesse.

- Si je pratique l’écologie ? Je ne demande pas mieux mais à part manger bio (ce qui est déjà pas mal), je ne vois pas ce que quelqu’un de motivé peut faire de plus. Où sont les voitures électriques ? où sont les innombrables et nécessaires pistes cyclables dans les grandes villes ? on va dire que l’idée est belle et totalement indispensable mais que l’on ne s’en donne pas vraiment les moyens aujourd’hui, si ce n’est en discours. Je pense que tant qu’il restera de l’énergie fossile, les hommes (dit modernes) s’entretueront pour la posséder et pollueront en s’en servant. A titre anecdotique, on a fait un bilan carbone sur le film et j’ai découvert avec effarement à quel point j’avais pollué et encore, parmi tous les films analysés, nous étions parmi les plus « bio ». J’ai appris à cette occasion qu’une journée ordinaire de l’homme moderne aurait nécessité le travail de 100 esclaves il y a quelques siècles.

- Le Mont St Michel : breton ou normand?... Je ne sais pas, faisons la guerre en attendant. Sale racaille de Normand !

- D’où me vient l’idée du piège à tortue ? En me servant des accessoires supposés être dans la chambre du Vilain, son banc de muscu, bouquins de classe jamais ouverts, raquette de tennis de l’époque. Et tout ceci au service de l’imagination tordue du Vilain…

- Ce que j’attends des avant-premières ? Lors des avant-premières, je suis très content de voir les gens en chair et en os, car après ils deviennent très abstraits et ne sont plus que des chiffres. Je me nourris de leurs rires, de leur enthousiasme, et aussi de leurs contradictions. J’ai besoin de faire le plein de toutes ces sensations avant de repartir sur un autre projet.

- Comment vient une idée de film ? Une idée de film pour moi est une idée qui perdure plusieurs mois dans ma tête, avec insistance et entêtement. J’essaie de la mettre noir sur blanc, en un mot de formuler clairement ce que je ressens confusément. Puis si cela tient toujours le coup (et croyez-moi, ce n’est pas toujours le cas), je me lance en espérant que ma chute sera productrice. Après quelques mois, je me relève, j’examine l’étendue des dégâts, si cela me fait toujours marrer, j’essaie d’en faire un film. Voilà, chacun son truc.

- Quelles sont les étapes d’un projet ? Une fois qu’on a survécu à l’écriture du scénario (cf. réponse au-dessus), on se demande comment le mettre en images. Ca c’est beaucoup plus facile, et plus ludique. Je découpe minutieusement mes films longtemps à l’avance, quitte à recommencer le découpage, en fonction des décors et des acteurs. A noter que ces découpages multiples provoquent souvent une réécriture du script. Puis, si je trouve des acteurs qui veulent bien tourner pour moi, on fait des répétitions, et à la fin des répétitions, s’ils me parlent encore, on tourne ! En parallèle à cette invasion mentale personnelle et collective, je mets en place la mise en scène, c’est-à-dire repérages nombreux et exhaustifs, persécution du chef déco, stage – recrutement des techniciens (les survivants du film précédent), séquestration du chef monteur, recherche frénétique d’investisseurs etc. Voilà, le drame est noué, il ne reste plus qu’à tourner.

- Cette tournée est vraiment un choix personnel. J’ai toujours fait des tournées à la sortie de mes films, comme je l’ai dit précédemment, j’en ai physiquement et mentalement besoin. Même si c’est fatigant, je le reconnais, quoiqu’il ne faille pas exagérer non plus.

- La place de la musique ? Dans mon quotidien, la musique est très présente. Surtout en ce moment où voyageant beaucoup, je suis obligé d’entendre les conversations insipides de mes contemporains. Ce qui me pousse à me réfugier dans mes écouteurs.
En vieillissant, j’apprécie de plus en plus le classique mais revient régulièrement dans des listes hétéroclites, qui vont du hard rock à la soul en passant par la variété. A noter que j’ai vu récemment le concert Elton John / Ray Cooper, et que si Elton John m’a largement ennuyé avec ses mélodies sucrées au piano, Ray Cooper m’a ravi en dynamitant littéralement le show. Ce type est un géant.
J’aime toutes les musiques de mes films, avec une tendresse particulière pour celle du générique de fin de « Bernie », composée spécialement par Noir Désir. C’est une chanson qui s’appelle « Là-Bas ».
Sur « Le Vilain », nous nous sommes procurés deux titres « Surfin’ Bird » des Trash men et « Dor e Dor » de Tom Ze. « Surfin’bird » est un micro clin d’œil à maître Kubrick, qui avait utilisé ce titre dans « Full metal jacket ». « Dor e dor » est un coup de foudre éprouvé au hasard de mon écoute.
Le reste est le travail d’un jeune mélodiste doué (Christophe Julien), qui a été particulièrement à mon écoute lorsque je lui exprimais maladroitement mon envie de musique pour Harry Potter de banlieue.

- Ce que m’apporte de tourner avec d’autres réalisateurs ? Cela m’a surtout donné confiance en moi en tant qu’acteur, mais je suis allé dans des registres dramatiques trop éloignés de la comédie pour pouvoir m’inspirer de leur savoir-faire. J’en cependant souvent repéré d’excellents techniciens que j’ai par la suite débauchés pour mes films suivants (par exemple Benoît Debie, repéré sur « Irréversible » et qui fut le chef op’ d’« Enfermés dehors »).

- Le cinéma (ou s’exprimer tout simplement) est une bonne thérapie, j’use et en abuse avec délectation, sinon qu’aurais-je fait ? D’un bilan psychiatrique au fait divers, tout était possible… ou pire j’aurais pu ce que l’on appelle un être « normal ».

- Les séries TV ? Je les ai découvertes grâce… au DVD. Et effectivement il y en de très très bonnes. Je mettrais en 1 dans mon hit parade les sept saisons de « West wing », en 2, le coffret « Band of brothers », et en 3, certains saisons de « Six feet Under ».

- Sam Raimi une influence ? Ai déjà répondu ces dernières années à ce que je pensais de Sam Raimi, virtuose de la caméra, mais qui à mon sens n’a pas rencontré de scripts dignes de lui. A noter qu’il a néanmoins engendré deux monstres du cinéma, à commencer par les Frères Coen qui furent ses assistants dans les années 80.

A très vite

Albert

02 novembre 2009

Réponses diverses

Salut à tous

Voici quelques réponses à vos questions posées sur ce blog.

Les projections tests étaient surtout motivées par l’inquiétude du service marketing, je ne la partage pas et mon intérêt pour ces projections est très relatif, sans compter que le film était techniquement fini et changer quoique ce soit aurait été très compliqué. En revanche, quelques enseignements intéressants, dont notamment la réponse à la question « quel est votre personnage favori ? », qui était… Pénélope la tortue ! Grande leçon d’humilité pour les acteurs, mais il faut reconnaître qu’elle est très efficace. Je ne la réengagerai plus jamais, c’est tout. Non mais sans blague !…

J’ai un jour dit à Terry Gilliam que je ne lui demanderai jamais à participer à un de ses films et il m’a répondu que je faisais bien ! Sa considération et son intérêt pour mon travail me suffisent largement et de toute façon, la différence de langue est une vraie barrière professionnelle (j’entends pour faire l’acteur avec lui).

Pour tout colis personnel, merci de bien vouloir les envoyer à l’agence Intertalent, rue Gay Lussac, Paris 5ème.

La censure ? Personnellement je n’ai connu que la censure de mes budgets, que j’ai pu contourner grâce à une bonne préparation et à l’ingéniosité de certains de mes techniciens. Un sujet peu ou pas diffusable en clair aura du mal à se financer et s’il se fait, ce sera dans une vraie économie de moyens, cf. « Bernie ». Il suffit de le savoir, c’est tout.

Je n’ai pas vu « La Horde » mais la rumeur est bonne et ce d’autant plus que Claude Perron est au casting, ce qui est un gage de qualité.

Merci à Pierre de Brest pour son enthousiasme et la prochaine fois, on essaiera de ne pas se rater.

Idem merci à Grégory pour son enthousiasme et j’essaierai de voir ton DVD au plus vite.

Je ne connais pas le groupe de musique « Sloy ».

J’aime beaucoup les films de Jacques Audiard pour leur élégance et leur intensité.

Personnellement je vois plein de « zombies » tous les jours dans la rue. Je m’en inspire largement dans mes films pas la peine d’en faire un film à proprement parler et plus sérieusement, je ne suis pas fan du genre (cela me fait plus rigoler que peur..)

Si j’étais le maître du monde, j’inculperai Dieu au motif qu’il aurait pu faire mieux et que c’est qu’un fainéant qui a bâclé son travail. Le coup de la vie, du soleil qui brille, de la nature, des petits bébés qui rigolent, c’est pas mal, mais la mort, la souffrance, la maladie, la guerre, la misère, là franchement, je pige pas l’idée. Donc je le condamnerais à des travaux d’intérêts généraux qui seraient « finir proprement son travail ». Non mais sans blague.

Je serais ravi de venir présenter le film en Angleterre mais n’ai pas trouvé de distributeur pour l’instant. C’est pas perdu, à noter la réflexion d’un distributeur anglais qui n’a pas souhaité sortir le film, au motif qu’il n’était pas assez « français ». On va dire que c’est un compliment (et aussi qu’il est un peu con). Idem pour le Mexique, je ne demande pas mieux que d’aller attraper la grippe A en votre compagnie, mais pour l’instant pas de distributeur.

Guy PHILIPPE, à qui est dédié le film, est l’homme dont j’ai eu la chance et l’honneur d’être le fils. Voilà.

En ce qui concerne le plan évoqué, il s’agit d’une double passe en numérique, c’est-à-dire deux plans faits séparément puis accolés numériquement, mais personnellement je ne vois pas autant que vous de différence. Signalez plutôt à la salle que le projecteur doit avoir un souci.

Je deviens sage ? La pseudo sagesse évoquée dans votre question n’est qu’une cohérence qui s’est dégagée à l’écriture du scénario. Chercher à tout prix une outrance trash aurait été inepte. De plus j’ai déjà dans « Bernie » examiner de près le procédé « humour trash » et le refaire (sans raison vraie) relèverait d’un procédé plus que de l’inspiration du moment et vous seriez le premier à me le reprocher. Maintenant attendez les prochains films pour évoquer un éventuel « assagissement ».

La projection à Saint Brieux s’est bien passée mais effectivement j’ai été surpris de l’absence de débat. Mais il faut dire que la moitié de la salle était de ma famille et qu’ils ont réservé leurs questions pour l’orgie de crêpes (en famille) qui a suivi.

Ce que je pense du film « Rambo » : à vrai dire pas grand chose, mais son public, en revanche, on peut dire qu’il m’a inspiré. Me rappelle avoir vu le 2 lors de sa sortie (en 86) et m’être bien marré aux réactions plus qu’enthousiastes du public… je débutais dans un cours de théâtre à l’époque et le lendemain, j’ai raconté en le mimant, ce que j’avais vu des réactions du public, à un copain . Il se marrait bien de mon « compte rendu » très personnel et m’a dit que je pourrais en faire un sketch, ben, il avait raison.

Nous serons à Aix en Provence le 04/11/09. En ce qui concerne l’heure et l’adresse, cf. vos media locaux. Ne cassez rien en attendant.

Les « petits vieux » ont été castés de façon très traditionnelle. Ils sont effectivement épatants dans le film. Il s’agit de André Chaumeau, Jacqueline Hervé, René Morard et Jenny Bellay. A noter qu’à chaque fois qu’ils étaient sur le plateau, Catherine Frot passait tout son temps avec eux. De quoi parlaient-ils ? De quoi s’amusaient-ils ? je ne l’ai jamais su mais cela devait être « inspirant » pour Catherine ..

Aucune capacité à écrire des livres malheureusement, car s’il y a bien des artistes que j’admire, ce sont les grands écrivains. Les hommes ont besoin des Dieux pour exister mais les dieux ont besoins de certains hommes pour prouver qu’ils existent. Les Balzac, Hugo, Zweig, et consorts en font partie. je trouve cela injuste et scandaleux d’avoir été oublié par les Dieux en question et ai décidé de me venger en étant le plus médiocre possible. J’vas y arriver nom de Dieux.. !

Comme pour l’Angleterre et le Mexique, aucune sortie prévue pour le moment en Espagne. Mais avec un peu de chance… Comme pour l’Angleterre et le Mexique, comme pour l’Espagne, aucune sortie prévue pour le moment au Québec. Mais avec un peu de chance (ce n’est pas ce qu’on appelle le déjà vu ?…)

J’ai 400 heures de vol, je suis pilote IFR américain et pilote actuellement un CESSNA 206. Vous me direz qu’on n’en a rien à foutre et vous aurez raison. Mais c’est la faute à Cédric et Gwénaëlle qui me posent à moi que des questions bêtes qui me poussent à me vanter. Et en même temps, vous verriez mes atterrissages, vous vous diriez qu’il n’y a pas de quoi…

Ca m’étonnerait que je remonte sur scène, mais sait-on jamais, ne serait-ce que pour voir si mon vieux corps en est encore capable.

Est-ce j’ai une famille et des enfants ? Je vais me gêner.

Les influences dont j’ai conscience viennent de tous les grands films des années 80 : les meilleurs Gilliam, les meilleurs Coen, les meilleurs Friedkin. En France les meilleurs Blier, les meilleurs Corneau. Parmi tant d’autres.

Ce ne sont pas des influences à proprement parler, mais des films qui m’ont énormément plu, et donc mon inconscient a dû les accueillir avec plaisir. Les autres influences sont multiples et variées mais si je ne devais garder que un film (formulation débile je sais) ce serait « Les Lumières de la Ville ». Ce film m’a toujours « cueilli » à tous les moments de ma vie.

« Le Chat » de Granier-Deferre inspiré d’une nouvelle de Simenon : comme souvent dans les adaptations de Simenon, je préfère le livre. Quoique les performances de Gabin et Signoret méritent à elles seules le détour. A noter à titre d’anecdote que Simenon s’est inspiré de sa propre mère, qui à la fin de sa vie haïssait tellement son beau-père qu’elle communiquait avec lui par des petits papiers. Egalement autre anecdote : je crois savoir que l’extérieur maison (décor principal du film) n’est autre que la maison d’enfance d’Arletty (à vérifier néanmoins). A l’époque du tournage, ces petites maisons étaient toutes détruites les unes après les autres pour donner lieu à ce qui s’appelle aujourd’hui La Défense. Etrange parallèle avec « Le Vilain » n’est-il pas ?…

- « Funny games ». Eh ben, j’ai jamais aimé ce film et j’étends d’ailleurs mon désamour aux films de Haneke qui m’a toujours ennuyé avec ses drames lourds et patauds. Alors, vous me direz « oui mais quand même, il est très reconnu et la palme d’or, qui es-tu misérable petit réalisateur pour oser critiquer ce géant ? » et bien j’ose.

- « Bug » de Friedkin. Pas vu ce qui est une erreur car suis un fan du sieur Friedkin dont la grande époque (années 70-80) a influencé nombre de grands réalisateurs d’aujourd’hui à commencer par l’excellent Greengrass. (Quid de - « Bourne » sans « Live and Die in LA » ?)

- « Rosemary Baby »? Suis embêté car je suis un fan de Polanski mais je n’ai jamais aimé ce film car je ne comprends comment Cassavates (son personnage) pouvait faire un marché aussi rapide avec les satanistes… Je l’ai revu plusieurs fois et à chaque fois ne suis pas arrivé à rentrer dedans pour cette raison très cartésienne (et probablement mesquine de ma part)

- « Home » ? pas vu

- « Huit femmes» ? pas vu

Jeunet est un des meilleurs réalisateurs de l’histoire du cinéma français (et même mondial). Il a donné par le succès de son travail beaucoup d’espoirs et d’encouragements aux petits gars de mon acabit. Pas encore vu Mic Macs cause promotion intense mais vais probablement le voir à plusieurs reprises tant je suis friand de son cinéma.

Le cinéma français est une des rares alternatives au cinéma américain et quoiqu’on en pense, mérite largement d’être regardé, encouragé et soutenu. Maintenant on peut certainement faire mieux, c’est sûr. Surtout en terme de comédie. Mais bon il en faut pour tout le monde. Même si « tout le monde » est parfois désespérant. Mais rappelez-vous, même quand il a tort, le public a toujours raison.

Ma vie n’a que peu d’intérêt et vous seriez déçu. Il n’y a pas plus casanier, petit bourgeois et monomaniaque que mon existence. Etant moi-même déçu de moi-même, je proteste… en faisant des films.

Sur le 11 septembre : le moins que l’on puisse dire est que le sujet mérite débat et s’interroger ne devrait pas aboutir à de l’ostracisme, comme cela a été le cas pour artistes ou journalistes qui se sont publiquement questionnés. J’ai moi-même vu et lu (sur internet) beaucoup de choses qui me rendent perplexe. Les attentats du 11 septembre ont enrichi jusqu’à la folie (de la reconstruction des tours à la guerre en Irak en passant par la réélection de Bush en 2004) une petite élite américaine parmi la plus déviante et la plus dangereuse de l’humanité. Bon, on aurait déjà un mobile… Pour le reste, je n’en sais pas plus que vous.

Passer à Belle-Ile, pourquoi pas, question de planning.

En ce qui concerne l’écriture : je me borne à écrire une histoire en fonction de ce qui me préoccupe (la quête d’identité pour « Bernie », l’impuissance créatrice pour « Le Créateur », les SDF pour « Enfermés dehors », et rapport parents/enfants pour « Le Vilain »). Ce qui fait que, au départ, je ne me considère pas comme un auteur de comédie (et même comme un auteur tout court, tant je suis poussif, laborieux et besogneux). Puis une fois la « structure » établie (c’est-à-dire une succession de petites séquences résumant à chaque fois l’action qui doit s’y dérouler), je commence à « écrire », c’est-à-dire à me « laisser aller mentalement ». C’est à ce moment-là que j’essaie de faire coïncider gags et dialogues, scènes et cascades à la structure, laquelle ne s’y prête pas toujours. J’y passe beaucoup de temps et ce qui est surprenant, c’est que les bonnes trouvailles, à l’écriture, perdurent au montage (par exemple le docteur William pour ceux qui ont vu le film). De même une obstination sur des choses « trop voulues » terminent neuf fois sur dix à la corbeille du montage. Ce qui ne m’empêche pas de refaire les mêmes bêtises à chaque film.

Albert